Voyage
Curieuse sensation en vérité ce matin.
Je me réveille et rien n'a vraiment changé... Un nouveau jour certes, et pourtant ...
Le soleil se lève encore à l'est et se recouchera certainement. Les jours succèdent aux nuits des vices et des versa. Les nouvelles sur les médias tournent en boucle sur la même information. Demeurent les égoïstes, et les altruistes, ceux qui s'en fichent ou ceux que rien n'atteint, ceux qui sont tristes, résignés, en colère, ceux qui se plaignent ou ceux qui peuvent enfin trouver la voie de la résilience, voire un destin.
Rien n'a vraiment changé malgré les circonstances. Les politiques font de la politique, les économistes, des calculs ou des prévisions, les septiques peuvent y voir un complot, les gens un jour sans fin. Ceux qui réflechissent sont plein de doutes, quand les idiots sont confits de certitudes et se contentent de regarder le doigt qui montre les étoiles. Les utiles sont utiles et les imbéciles restent cons. Certains se rendent utiles, d'autres sont contents de leur sort. On se fond en conjectures dans cette odieuse conjoncture.
On cherche des coupables, parfois des solutions. On cherche des excuses, on cherche une attention. On cherche ce qui cloche, quand ceux qui clochent sonnent si faux, prétentieux, hypocrites ou donneurs de leçons.
On veut faire du sport ou revoir un oiseau, quand dans le temps normal, l'essentiel n'est guère beau et reste vil et vain. Certains pillent sans fin les rayons des magasins, se disant que les faims justifient les moyens. Ceux qui tombent le masque et ceux qui les fabriquent. Présente ton papier, mais pas tes intentions.
Non, non, rien n'a vraiment changé en fait. On aime ou on déteste, on court ou on proteste, on soigne ou on conteste, on court ou on paresse. On vise l'évidence , on recherche le sens, on vit sans transcendance, on frôle l'indescence. On vit sa solitude, on rejoint l'univers.
Il y a ceux qui partent et il y a ceux qui restent. Il y a ceux qui protègent et ceux qui filent la peste. Et il y a ceux qui parlent, souvent pour ne rien dire. Moi je prie que le ciel nous remette en question, Dieu n'est pas le problème, mais bien la solution. Rien de nouveau au fond.
Si la nature respire, certains perdent le souffle. Mais qu'y a t'il de de changer en vérité ?
Se préoccupe t'on vraiment de la planète, des plus pauvres, des malades, des anciens, des exclus, de la faim, de la soif, de l'autre tout simplement ?
Je me réveille ce matin et rien n'a vraiment changé. Les chiffres s'égrainent au fil des journées. Comme l'argent sur les comptes, ou nous en numéros. Ils sont sans âmes ses nombres et sans humanité. Ils ne sont qu'un global, plus des identités.
Non, non rien n'a vraiment changé. Je reste, mais pourtant tu n'es plus. Je vis, alors qu'on t'a perdu. Et mon coeur bat encore, quand le tien ...
Non, rien n'a vraiment changé. Mais j'ai un goût amer dans la bouche.
Car le monde ne sera pourtant jamais plus le même aujourd'hui,
simplement parce que TU n'es plus
Thierry
