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24 décembre 2014

Cadeau

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Drame cruel en ces jours de fêtes : les cadeaux. Un simple échange, un don de soi, une réelle prise de risque, un choix particulier, un geste obligé, un acte gratuit, un sourire, une rose des vents, une orange, une boussole....

Il semblerait que l'esprit même de la fête de Noël soit dilué, enfoui, perdu dans nos considérations mercantiles et matérialistes. La course à l'absolu, au plus grand, plus gros, plus fort, plus, toujours plus. Une course effrénée vers le gâchis, l'orgie, au dépend de celui qui n'a rien, au mépris de celui qui est seul. Nos lumières artificielles, éphémères viennent obscurcirent de leurs ombres épaisses tout ce que l'on a d'humain, nos altruismes, pour dévoiler nos égoïsmes, nos nombrilismes, à l'affichage outrancier dans nos sociétés pourtant mourantes dans leurs excès.

Mais à force de nous cacher derrière nos doigts, il faudra bien un jour que l'on ouvre les yeux ou que nous nous décidions à dénoncer cet énorme gaspillage qui suffirait en une seule saison à réduire, voire éliminer les misères de ce monde.

Tout ce que l'on désire en fait, au plus profond de nous, ne s'achète pas.

Si l'enfant, né il y a 2 millénaires, dans cette pauvre étable, revenait aujourd'hui, quelle place lui laisserions-nous ? 

La réponse est là, hélas, devant nos yeux, tous les jours. Les familles à la rue, déportées, les enfants affamés, vendus, assoiffés, les femmes exploités... Les gens tués pour leur croyance, pour leur appartenance à une tradition, à une ethnie, pour les simple faciès, ces sans abris dans le froid. Le tout dans l'indifférence totale de nos corps assouvis, rompus, nos regards aveuglés par ces mêmes lumières de nos pseudos fêtes.

Cadeau. Notre seul dilemme sera donc de décider une fois de plus cette année quoi offrir, à nous qui ne manquons de rien. Bon appétit rajouterons nous même, au cas où un sursaut d'humanité nous faisait oublier ou bien au contraire prendre conscience, enfin.

Une autre monde existe, une autre route, une autre alternative. 

Permettez que je vous offre donc cette année, mon optimisme idiot, mon espérance folle, mon utopisme certain en ce qui reste de nous de notre capacité à nous émouvoir, partager, aimer, offrir.

Qu'une vague de joie inonde ce monde, qu'une vague de paix dont chacun de nous est responsable nous envahisse le cœur. 

 

Nous sommes des créateurs de nos sociétés, nous sommes responsables des chemins que nous empruntons.

Mais n'avons-nous pas perdu le nord ?

 

 

 

 

 

 

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