page d'écriture

Poèmes, poésies, humeurs ou simple prose. Des mots, un regard sur notre monde.

02 novembre 2009

La grande muraille

livreCe n'est qu'un champ de pierres que cette pièce de quatre-vingts ares que l'oncle Malpeyre lègue à son neveu Firmin, pour lui "apprendre à vivre".
Jamais personne n'a pu cultiver ce coin de causse du Quercy. Bel héritage ! Cependant le jeune homme décide de relever le défi qui lui est lancé: sous les pierres, il y a forcément de la terre, et Firmin commence à dépierrer...
Ce travail insensé - dans le village, on le tient pour fou - occupera toute sa vie. Car, après avoir fait resurgir la terre et planté de la vigne et des arbres fruitiers, Firmin, revenu de la guerre, entreprendra d'utiliser les pierres de son champ à la construction d'une grande muraille qui ceindra son domaine.
Un homme et des pierres. C'est la plus simple histoire du monde. C'est aussi l'une des plus belles, dans la lignée de Giono.

En fait, comment vous parler de ce livre, assez court, sans tout vous dire… et risquer de vous priver du plaisir de la découverte ???
Le 4ème de couverture suffirait, car tout est dit, mais je vous donne quelques indices de plus.

Nous sommes en 1914, Firmin hérite donc d'un lopin de terre rocailleux… et comme il est orgueilleux, le jeune homme décide finalement qu'il arrivera à en tirer quelque chose, histoire de "faire la nique" à cet oncle dont l'humour est pour le moins particulier !!!
L'idée de la muraille lui vient en regardant le tas de pierres qui jonchaient la terre qu'il déblayait, et qu'il avait jetées dans un coin du champ.
Ce qui devait être un simple mur de protection contre les intempéries se transforme en une véritable œuvre, à laquelle il consacrera tout son temps libre.
Conséquences, ce "travail", qu'il s'imposera tout au long de sa vie, le coupera des autres, car il n'a pas d'amis (en dehors d'un de ses cousins), ni d'épouse (donc pas de descendance).

Nous faisons connaissance avec le monde rural du début du 20ème siècle, qui évolue peu à peu pour laisser de la place au "monde moderne".

Le héros est perçu comme un être à part (mais à cette époque chaque village avait son "fou"…).
Les gens se moquent de lui sans que cela aille vraiment plus loin… peut-être par peur des représailles, car il faut dire que notre homme n'est pas grand certes, mais assez costaud !!!

Firmin est très simple, plutôt bourru mais au bon cœur. Sa ténacité et son courage face à la difficulté de la tâche forcent le respect.
L'amitié qu'il noue avec son cousin, ainsi que les menus services qu'il rend aux gens du village, nous montre que malgré tout il a besoin de contact humain.
Je l'ai ressenti comme un homme qui aurait peut-être préféré voir sa vie prendre une autre tournure, et qui avait besoin de laisser une trace sur cette terre en montant cette muraille…
Le personnage est extrêmement attachant.

En définitive, son "aventure" avec cette terre très dure et cette rocaille envahissante nous montre que la détermination paye toujours… même si c'est à long terme, et si la récompense n'est que la satisfaction d'une mission accomplie.

En farfouillant un peu sur la toile, j'ai trouvé cette citation qui en dit long sur Claude Michelet :
"La terre est lourde d'enseignement. Elle apprend la modestie." (Extrait d'un Entretien avec Catherine Argand - mai 1994)

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06 septembre 2009

Les fleurs du mal

Car c'est enfin, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité,
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge,
Et vient mourir au bord de Votre Eternité.

Baudelaire

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02 septembre 2009

Manuel d'Epictète

manuelEpictète, comme Socrate, n'a pas écrit son oeuvre ; c'est son disciple Arrien qui nous l'a léguée. Né en 50 après Jésus-Christ, en Phrygie, contrée d'Asie Mineure, Epictète fut amené à Rome comme esclave, mais sa condition ne l'empêcha pas de suivre l'enseignement du stoïcien romain Musonius Rufus. Après avoir été affranchi, il ouvrit une première école de philosophie à Rome, tout en menant une vie de pauvreté. Banni en 94, avec tous les philosophes, par l'empereur Domitien, il se réfugia sur la côte grecque à Nicopolis et continua ses leçons dans une nouvelle école. Le Manuel, c'est-à-dire l'enkheiridion, le poignard que l'on a sous la main pour affronter toute éventualité, est voué à l'efficacité éthique. Il est bref et incisif par nécessité. Il ne s'adresse pas au sage, qui n'en a pas besoin, mais à ceux qui, parmi les non-sages, sont en progrès et s'exercent à la sagesse. Le Manuel donne non seulement les signes du progrès, mais les ultimes conseils, et les marques qui pourront montrer que le pas décisif vers la philosophie aura été franchi. Ces signes, ces conseils et ces marques, le destinataire du Manuel doit les emporter avec lui, pour une oeuvre qui, s'appuyant sur les livres, est hors des livres, et ne peut être aidée par personne, sinon par le dieu qui est en lui.

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01 septembre 2009

Nouveau blog

Mon éditeur, l'association Crayon Plume, me signale son nouveau blog

Pour commander, on peut joindre l'association (http://crayonplume.eklablog.com)

couverture_FB

(Prix de vente :15€ + frais d'envoi  :  8 ter chemin du bois 34160 Restinclières)

Conçu comme un cahier de poésies, un cahier d'enfant, par l'enseignant du primaire que je suis, le recueil traverse toute une année scolaire, de la rentrée aux vacances d'été.

Une année contée avec des mots simples, des rimes et des vers qui dansent, des souvenirs... Des émaux d'enfance.

C'est la concrétisation de plusieurs années de labeur qui je l'espère plaira au plus grand nombre.

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20 juillet 2009

Critique

livreGabrielle a deux hommes dans sa vie.
L’un est son père, l’autre est son premier amour.
L’un est un grand flic, l’autre est un célèbre voleur.
Ils ont disparu depuis longtemps, laissant un vide immense dans son cœur.
Le même jour, à la même heure, ils surgissent pour bouleverser sa vie.
Ils se connaissent, ils se détestent, ils se sont lancé un défi mortel.
Gabrielle refuse de choisir entre les deux,
elle voudrait les préserver, les rapprocher, les aimer ensemble.
Mais il y a des duels dont l’issue inéluctable est la mort.
Sauf si…

Les critiques sont très caractérisées : on aime ou on aime pas. Il est vrai qu'on a tout de même une méchante impression de déjà lu. Mais bon, pour l'été, au bord de la piscine, ça fait toujours passé un bon moment.

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23 mars 2009

Le cancre

pennacCe livre est important !
Il nous renvoie (pour ceux d'entres nous pour qui la scolarité n'a pas été "parfaite", loin s'en faut) à notre état d'esprit de cancre. Non pas celui d'un sale gosse qui se moque de tout et qui, par pur esprit de contradiction, ne fait rien de ce qu'on lui demande...
Non, on retrouve plutôt ce sentiment de culpabilité à la réception d'une mauvaise note inscrite en rouge vif sur une copie qu'on nous jette à la face avec dedain, on retrouve ces heures passées à tenter, en vain, de retenir ces phrases, ces dates, ces règles dont on ne comprend pas l'intérêt. Il nous renvoie à tout cela honnêtement, clairement, distinguant l'élève d'il y a quelques années à celui d'aujourd'hui, de plus en plus éloigné de la notion de l'effort, victime d'une société de consommation où il se trouve être de plus en plus une cible idéale, qui lui permet de s'exprimer avec ses accessoires de mode à défaut de s'exprimer à l'école...
Bref, ce livre est important, car comment tenter (je dis bien tenter car le chantier est énorme, complexe et si différent d'un ado à l'autre) de faire saisir à ces jeunes la richesse extraordinaire qu'il y a dans ce qu'on leur enseigne (pas toujours très bien c'est vrai).
Comment les faire s'intéresser à ces matières alors qu'il n'ont pas la maturité nécessaire pour les appréhender correctement. Comment les faire mûrir intelligement.
Daniel Pennac ne répond pas à ces questions avec un guide du bon prof ou du bon parent d'élève, évidemment. Mais il permet d'entrer dans une réflexion intelligente : et si cet ado n'était pas stupide, et s'il ne le faisait pas exprès, et s'il était capable d'y arriver ? Pourquoi alors le décourager, l'humilier, lui décrire un avenir bouché rendu inéluctable par un passé raté ?

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22 mars 2009

Livre de chevet

werberBernard Werber a toujours aimé alterner gros roman et forme courte, genre qu’il affectionne particulièrement. Dans ce recueil, on le retrouve fidèle aux sujets qui le préoccupent : l’avenir de l’homme, de la planète, l’inconscience de notre monde. Chaque nouvelle nous entraîne vers un questionnement : quelles politiques, quelles sanctions faut-il inventer pour que nous cessions de nous détruire ? Que deviendrait une Terre sans hommes (un monde-jardin peuplé de femmes pacifiques ayant occulté jusqu’au souvenir du mâle) ? Qu’est-ce en réalité qu’une réunion de copropriétaires dont le syndic est un fieffé filou ?… De l’universel au particulier en passant par la société des fourmis, Werber rêve l’humain, heureux de nous transmettre un avenir… possible L’AUTEUR Des Fourmis à la trilogie des Dieux, Bernard Werber est devenu un phénomène de librairie (plus de 6 millions d’ex vendus en France, 10 millions dans le monde !), un des rares auteurs français à connaître une véritable renommée internationale, de la Russie à la Corée du sud où il est un auteur-culte.


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07 février 2009

Les Djinns

Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit.

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche,
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit,
Comme un bruit de foule
Qui tonne et qui roule
Et tantôt s'écroule
Et tantôt grandit.

Dieu! La voix sépulcrale
Des Djinns!... - Quel bruit ils font!
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond!
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe..
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant.
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près! - Tenons fermée
Cette salle ou nous les narguons
Quel bruit dehors! Hideuse armée
De vampires et de dragons!
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée,
Tremble, à déraciner ses gonds.

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure!
L'horrible essaim, poussé par l'aquillon,
Sans doute, o ciel! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon!

Prophète! Si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs!
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs!

Ils sont passés! - Leur cohorte
S'envole et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés!

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît.
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor.
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leur pas;
Leur essaim gronde;
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord;
C'est la plainte
Presque éteinte
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute: -
Tout fuit,
Tout passe;
L'espace
Efface
Le bruit.

Victor Hugo

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23 novembre 2008

Marek Halter

Biographie de l'auteur
Marek Halter est né en 1936 à Varsovie, en Pologne, d'une mère poétesse yiddish et d'un père imprimeur. Sa famille fuit le ghetto de Varsovie en 1940, pour chercher refuge à Moscou, puis en Ouzbékistan. En 1946, il retourne en Pologne avec ses parents et, quatre ans plus tard, la famille obtient un visa et arrive à Paris. À 17 ans, Marek Halter est admis à l'École nationale supérieure des beaux-arts, et reçoit l'année suivante le prix international de peinture de Deauville. En 1967, il fonde et préside le Comité pour la paix négociée au Proche-Orient. Il publie son troisième livre, Le fou et les rois (prix Aujourd'hui 1976), après deux albums de dessins (Mai 68 et Le quotidien). En 1983, La mémoire d'Abraham (prix du Livre Inter), dont la suite, Les fils d'Abraham, paraît en 1989, connaît un succès mondial. Il est également l'auteur d'une douzaine de romans, de récits et d'essais, et réalise depuis 1968 des documentaires et des films, dont Tzedek, les Justes. Le dernier tome de sa trilogie consacrée à la modernité des femmes de la bible (Sarah, Tsippora et Lilah) vient de paraître aux éditions Robert Laffont. Marek Halter collabore à de nombreux journaux dans le monde et milite sans relâche pour les droits de l'homme, la mémoire et la paix.

sarah" On disait de moi que j'étais la plus belle des femmes. D'une beauté qui faisait peur autant qu'elle attirait. Une beauté qui a séduit Abram dès son premier regard sur moi. Une beauté qui ne se fanait pas, troublante et maudite comme une fleur qui jamais n'engendra de fruit. ". Quelle est donc l'histoire de cette femme si belle qui accompagna Abraham, père du monothéisme, sur les routes de Mésopotamie, de Canaan et d'Égypte ? Épouse aimante d'un homme promis par Dieu à fonder un grand peuple, Sarah traverse toutes les épreuves de la stérilité : le sentiment de culpabilité, le mépris, l'adultère, le choix de l'adoption ou de la mère porteuse... Passionnée et bouleversante, elle est l'une des héroïnes les plus modernes de la Bible.

Par cet ouvrage, Marek Halter ouvre la grande saga de la bible au féminin. Portraits de femmes, dans les coulisses de nos religions. Et si ce retrait était le signe ultime de la véritable importance de la femme...

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14 novembre 2008

Peinture

resizeLa jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives. Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. À mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville... Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un cœur simple sacrifié au bûcher du génie.

J'ai trouvé ce livre très beau, la beauté et la pureté à l'état pur. Enfin un de ces livres pas superficiels. J'applaudis l'auteur d'avoir réussi à conter cette histoire sans ennuyer le lecteur et de ne pas rendre le livre "lourd". Tracy Chevalier nous livre un bon moment intime et poétique, pudique et feutré...

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