31 octobre 2008
Jean de la Fontaine
Deux vrais amis vivaient au Monomotapa :
L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre :
Les amis de ce pays-là
Valent bien dit-on ceux du nôtre.
Une nuit que chacun s'occupait au sommeil,
Et mettait à profit l'absence du Soleil,
Un de nos deux Amis sort du lit en alarme :
Il court chez son intime, éveille les valets :
Morphée avait touché le seuil de ce palais.
L'Ami couché s'étonne, il prend sa bourse, il s'arme ;
Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu
De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme
À mieux user du temps destiné pour le somme :
N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?
En voici. S'il vous est venu quelque querelle,
J'ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point
De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle
Était à mes côtés : voulez-vous qu'on l'appelle ?
— Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point :
Je vous rends grâce de ce zèle.
Vous m'êtes en dormant un peu triste apparu ;
J'ai craint qu'il ne fût vrai, je suis vite accouru.
Ce maudit songe en est la cause.
Qui d'eux aimait le mieux, que t'en semble, Lecteur ?
Cette difficulté vaut bien qu'on la propose.
Qu'un ami véritable est une douce chose.
Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ;
Il vous épargne la pudeur
De les lui découvrir vous-même.
Un songe, un rien, tout lui fait peur
Quand il s'agit de ce qu'il aime.
Spéciale dédicace à Nadine et Perrine, et à tous ceux de mes ami(e)s qui se reconnaîtront...
30 octobre 2008
heureux de son sort
Le petit tailleur de pierre
Il était une fois une tailleur de pierre qui en avait assez de s'épuiser à creuser la montagne sous le rayons brûlants du soleil.
" J'en ai marre de tailler,... tailler, tailler la pierre, c'est épuisant... et puis ce soleil, toujours ce soleil !
Ah comme j'aimerai être à sa place, je serais là-haut tout puissant, tout chaud en train d'inonder le monde de mes rayons", se dit le tailleur de pierre.
Or par miracle son appel fut entendu.
Et aussitôt, le tailleur de pierre se transforma en soleil.
Il était heureux de voir son désir réalisé.
Mais comme il se régalait à envoyer partout ses rayons, il s'aperçut que ceux-ci étaient arrêté par les nuages.
"A quoi ca sert d'être le soleil si de simples nuages peuvent stopper mes rayons ! s'exclama t-il, si les nuages sont plus fort que le soleil, je préfère être nuage "
Aussitôt, il devint nuage. Il survole le monde, court, répand la pluie,... mais soudain le vent se lève et disperse les nuages.
"Ah, le vent arrive à disperser les nuages, c'est donc lui le plus fort, je veux être le vent" décide t-il
Il devient le vent.
Il souffle de par le monde.
Il fait des tempêtes, des bourrasques, des typhons,...
Mais tout à coup il s'aperçoit qu'il y a un mur qui lui barre le passage.
Un mur très haut et très dur.
Une montagne.
"Ah quoi ca sert d'être le vent si une simple montagne peut m'arrêter ?
C'est elle qui est la plus forte, dit-il, je veux être montagne "
Alors il devient montagne.
Et à ce moment il sent quelque chose qui le tape.
Quelque chose de plus fort que lui, qui le creuse de l'intérieur.
C'est...
Un petit tailleur de pierre.
D'après un conte chinois
29 octobre 2008
relecture
J'ai demandé à mon père de relire les premiers jets du journal. Cela faisait drôle et était très émouvant en même temps. Je ne sais pas de quelle façon il a appréhendé l'exercice difficile de lire les mots qu'auraient dits sa propre épouse sur lui et les choses. Je crois qu'il a atteint malgré tout ce qui arrive un certain degré de sagesse et de recul. Je ressentais cependant une curieuse sensation d'entrer ainsi dans une certaine intimité.
On a du mal pourtant à dire les choses du coeur. Les conversations sur le temps et la météo engagent moins que celle des sentiments. Et pourtant, ce sont là les vraies relations et les vraies dialogues.
27 octobre 2008
Enfer ou paradis
Un saint homme tenait un jour une conversation avec Dieu.
Il lui dit: «Seigneur, j'aimerais savoir comment est le paradis et comment est l'enfer ».
Dieu conduisit le saint homme vers deux portes.
Il ouvrit l'une des portes et permit au saint homme de regarder à l'intérieur.
Au milieu de la pièce, il y avait une immense table ronde.
Au milieu de cette table, il y avait une grosse marmite contenant un ragoût à l'arôme délicieux. Le saint homme saliva d'envie.
Les personnes assises autour de cette table étaient maigres, livides et malades.
Elles avaient toutes l'air affamées. Elles tenaient des cuillères aux très longs manches, attachées à leurs bras.
Toutes pouvaient atteindre le plat de ragoût et cueillir une cuillerée.
Mais, comme le manche de la cuillère était plus long que leurs bras, elles ne pouvaient ramener les cuillères dans leur bouche.
Le saint homme frissonna à la vue de leur misère et de leurs souffrances.
Dieu dit : « Tu viens de voir l'enfer »
Dieu et le saint homme se dirigèrent vers la seconde porte. Dieu l'ouvrit.
La scène que vit le saint homme était identique à la précédente.
Il y avait la grande table ronde, la marmite de délicieux ragoût qui fit encore saliver le saint homme.
Les personnes autour de la table étaient également équipées des cuillères aux longs manches.
Cette fois, cependant, les gens étaient bien nourris, replets, souriants et se parlaient les uns aux autres en riant.
Le saint homme dit à Dieu : « Je ne comprends pas ! »
«C'est simple, répondit Dieu.
Ils ont appris à se nourrir les uns les autres
tandis que les gloutons et les égoïstes ne pensent qu'à eux-mêmes. »
23 octobre 2008
YALLA !
C’est le cri du cœur de Sœur Emmanuelle. Elle signifiait par là son engagement et le fait d’aller de l’avant.
Elle est décédée dans la nuit de dimanche 19 à lundi 20 octobre dans la communauté Notre-Dame de Sion où elle s’était retirée depuis 1993. Agée de 99 ans, elle y consacrait son temps à lutte en faveur des sans-abris et des sans-papiers.
La religieuse franco-belge allait célébrer son centième anniversaire le 16 novembre prochain.
Elle a été inhumée le mercredi 22 octobre.
Née en 1908 à Bruxelles, elle s’était installée en Egypte en 1971. Elle avait pendant un peu plus de vingt ans partagée la vie des chiffonniers du Caire. Elle avait alors contribué à la construction d’écoles, de jardins d'enfants, de dispensaires et œuvré pour le dialogue entre juifs et musulmans. Elle avait quitté le bidonville d'Ezbet el-Nakhl sur ordre de sa hiérarchie.
Que nous aussi sachions aller de l’avant, le sourire aux lèvres et le cœur ouvert !
22 octobre 2008
"Si tu veux vivre, tu dois aimer." Sr. Emmanuelle
On ne retient pas l'écume
Dans le creux de sa main
On sait la vie se consume
Et il n'en reste rien
D'une bougie, qui s'allume
Tu peux encore décider du chemin
De ton chemin
Crois-tu que tout se résume
Au sel d'entre nos doigts
Quand plus léger qu'une plume
Tu peux guider tes pas
Sans tristesse ni amertume
Avance et avance puisque tout s'en va
Tout s'en va
Yalla,Yalla,Yalla,Yalla
Elle m'emmène avec elle
Je t'emmène avec moi
Yalla
Lionel Florence
20 octobre 2008
Sagesse du bocal
Un professeur de philosophie se présente un jour devant la classe avec une série d'objets inhabituels qu'il pose sur son pupitre, face à ses étudiants.
Le silence intrigué de l'assistance étant acquis, le professeur prend un grand bocal (vide et propre) et commence par le remplir jusqu'au bord supérieur de pierres d'un diamètre situé entre 6 et 7 cm.
Une fois ceci terminé, il demande à la classe si le bocal est rempli.
Les élèves répondent que oui.
Le professeur prend alors un sachet rempli de gravillons et le verse dans le bocal. Il agite le tout, pour égaliser, et voilà que le gravier remplit tous les espaces encore vides.
Après avoir complété cette manipulation, le professeur demande une fois encore si le bocal est maintenant bien rempli. La classe répond, hilare et intriguée, que oui.
Le professeur se saisit alors d'un petit sac de sable et en verse le contenu dans le bocal. Évidemment, le sable se fraie un passage dans les interstices qui sont encore disponibles, au grand contentement de la classe.
« Voyez-vous », dit le professeur en s'adressant à ses étudiants, « j'aimerais que vous compariez ceci à votre propre existence ».
« Les grosses pierres représentent les choses véritablement importantes, comme la famille, le couple, la santé, les enfants. Ces choses qui font que, même si vous perdez tout le reste, votre vie n'en demeurera pas moins remplie.
« Les gravillons représentent, quant à eux, les choses qui sont importantes, mais non essentielles, comme le travail, la maison, la voiture ».
« Enfin, les grains de sable peuvent être comparés aux choses sans importance ».
« Si vous commencez par mettre le sable dans le bocal, il ne restera plus assez d'espace pour le gravier ou les pierres ».
« Il en va de même avec votre vie : si vous gaspillez votre disponibilité et votre énergie pour les petites choses, il ne vous restera jamais assez de temps, ni de place, pour ce qui est essentiel à votre bonheur ».
« Jouez avec vos enfants, prenez le temps d'être à l'écoute de votre santé, sortez avec votre conjoint, parlez avec vos parents. Il y aura toujours du temps pour réparer l'aspirateur, pour finir un dossier ou laver la voiture ».
« Soignez les grandes pierres en tout premier lieu, ce sont les choses qui comptent vraiment. Le reste n'est que sable qui s'écoule entre vos doigts ».
12 octobre 2008
rêve
Permettez que je partage avec vous le rêve de cette nuit, paisible et serein.
Nous étions, ma mère et moi dans un parc, assis. Nous devisions de tout et de rien, petite conversation sans réelle importance mais si empreinte de tendresse. A l'ombre d'un grand arbre, nous avions tout notre temps, observant les gens et les choses. Une légère brise agitait les feuilles.
Rien ne venait troubler cet instant qui n'appartenait qu'à nous.
J'étais un peu surpris de ce regain de lucidité mais étais content de retrouver ainsi ma mère.
Et puis, l'après midi passant, ma mère me dit qu'elle avait un peu froid. Je pris alors sa veste en laine et j'aidais à la lui passer. Nous sommes ainsi rentrés, bras dessus bras dessous.
Et je me suis réveillé...
Des larmes si paisibles, qui ne coulent pas inexpliquées cette fois.
08 octobre 2008
Et le temps passe...
| Octobre |
Paroles et Musique: Francis Cabrel 1994 "Samedi soir sur la Terre"
Le vent fera craquer les branchesLa brume viendra dans sa robe blanche
Y aura des feuilles partout
Couchées sur les cailloux
Octobre tiendra sa revanche
Le soleil sortira à peine
Nos corps se cacheront sous des bouts de laine
Perdue dans tes foulards
Tu croiseras le soir
Octobre endormi aux fontaines
Il y aura certainement,
Sur les tables en fer blanc
Quelques vases vides et qui traînent
Et des nuages pris aux antennes
Je t'offrirai des fleurs
Et des nappes en couleurs
Pour ne pas qu'Octobre nous prenne
On ira tout en haut des collines
Regarder tout ce qu'Octobre illumine
Mes mains sur tes cheveux
Des écharpes pour deux
Devant le monde qui s'incline
Certainement appuyés sur des bancs
Il y aura quelques hommes qui se souviennent
Et des nuages pris aux antennes
Je t'offrirai des fleurs
Et des nappes en couleurs
Pour ne pas qu'Octobre nous prenne
Et sans doute on verra apparaître
Quelques dessins sur la buée des fenêtres
Vous, vous jouerez dehors
Comme les enfants du nord
Octobre restera peut-être.
Vous, vous jouerez dehors
Comme les enfants du nord
Octobre restera peut-être.
07 octobre 2008
L'homme qui plantait des arbres
"Pour que le caractère d'un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l'idée qui la dirige est d'une générosité sans exemple, s'il est absolument certain qu'elle n'a cherché de récompense nulle part et qu'au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d'erreurs, devant un caractère inoubliable."
Jean Giono - 1953

